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Controle fiscal
Acte 4.
Décor idem à l’acte précédent.
Stéphane pose son livre. Et pense à voix haute, en souriant :
Stéphane : - Un contrôle fiscal ! Je n’aurais jamais pu croire qu’un contrôle fiscal bouleverserait autant ma vie !
Entre Nathalie.
Nathalie : - En plus tu parles seul maintenant !
Stéphane : - Je pensais à ce qui vient de nous arriver... (souriant) c’est vrai qu’on devrait en faire une pièce de théâtre !
Nathalie montre une lettre : - Et y’à une suite !
Stéphane : - Peut-être qu’il s’est décidé à m’acheter un livre.
Nathalie : - Tu attends ce soir avant d’ouvrir... (elle s’approche très câline)
Stéphane : - Ouvre quand même !
Nathalie ouvre, devient blême, se tient au canapé : Oh putain !
Stéphane : - Quoi ?
Nathalie lit d’une voix mécanique : - Il apparaît après enquête de voisinage et diverses écoutes téléphoniques, deux points à la ligne, un tiret, les soeurs Kelly, officiellement hébergées à titre gratuit, sont vos concubines et perçoivent indûment le RMI ainsi que l’allocation parents isolés pour des enfants dont tous les indices concordent pour vous en attribuer la paternité.
En conséquence de quoi, et après concertation avec le Conseil Général, nous nous réservons le droit de déposer plainte auprès du Tribunal de Grand Instance de Cahors pour extorsion d’avantages sociaux indus et polygamie contraire à la législation, ceci dans le cas où vous ne régulariseriez pas votre dossier sous trente jours par le remboursement des sommes trop perçues, soit.
Nathalie s’évanouie.
Stéphane bondit et hurle : - Aurélie !
Stéphane essaye de réanimer Nathalie, Aurélie arrive.
Aurélie : - Dis pas que Nat s’est évanouie... c’est pas possible.
Stéphane ramasse la lettre et lui tend, tout en essayant de réanimer, par des gestes désordonnés, Nathalie.
Stéphane affolé : - Aide-moi plutôt, tu liras plus tard.
Aurélie en souriant : - Essaye le bouche à bouche, je suis certaine qu’elle va adorer.
Stéphane la regarde : - Et ça te fait rire !
Aurélie : - Viens, on va faire l’Amour, on s’occupera de son cas plus tard !
Stéphane : - Qu’est-ce qui te prend ?
Aurélie : - Bin quoi ! Tant que Nat est évanouie, je peux en profiter quand même !
Stéphane : - Arrête, c’est grave, elle réagit plus (Stéphane continue à la remuer).
Aurélie se baisse et... gifle sa soeur... qui ne réagit pas. Elle la pince. Aucune réaction.
Aurélie : - Merde ! Je me serais quand même pas trompée ?
Stéphane : - Trompée ?
Aurélie : - Cette lettre, c’est une lettre de Nathalie.
Stéphane : - Pas possible. Et j’vois vraiment pas pourquoi elle aurait fait ça. Aide-moi, plutôt que de dire n’importe quoi... T’as pas fait secouriste ?
Aurélie : - Quatre heures ! Et il y’a deux minutes, j’en aurais mis ma tête à couper. Elle réagit pas quand je la pince !... J’ai trouvé !
Stéphane : - Quoi ?
Aurélie : - J’ai trouvé ! Les chatouilles sous les pieds.
Nathalie se redresse en bousculant Stéphane toujours agité près d’elle.
Nathalie en riant : - Non, pas les guillis !
Aurélie : - Nat, tu peux te jouer de Stéph... mais pas de ta grande soeur adorée.
Nathalie : - J’ai fait quoi comme erreur ?
Aurélie : - Aucune !
Nathalie : - Alors ?
Aurélie : - Je savais bien qu’un jour tu t’amuserais à ça !
Stéphane : - Et vous croyez qu’un mec peut survivre ainsi avec deux femmes et deux enfants !
On entend un enfant pleurer.
Aurélie : - Je suis certaine que c’est le cri « pas les guillis » qui l’a réveillée. Allez Stéph... c’est une de tes filles !
Stéphane sort.
Aurélie : - Alors, pourquoi tu as joué à ça ?
Nathalie : - J’arrivais pas à trouver une chute pour ma pièce de théâtre.
Aurélie : - Alors, c’est ça que tu écris !
Nathalie : - Je voulais vous en faire la surprise !
Aurélie : - Arrête, tu peux pas écrire notre vie. On va avoir tout le monde sur le dos, le fisc, le Conseil Général, des ligues nous accuseront d’incitation à la polygamie, un ministre voudra nous exclure de la nationalité française puisque nous n’avons pas de légion d’honneur à rendre et nos relations sont légèrement...
Nathalie : - Quoi légèrement ! Entre adultes consentants ! Où est le problème ?... Et en plus... ça fait dix ans que je peins et j’ai vendu un tableau, encore, parce que le mec espérait qu’une nuit soit comprise ! Alors on touchera le minimum vieillesse avant qu’elle soit jouée cette pièce.
Aurélie : - Et tu penses que ça ferait une bonne chute, ta tirade sur l’environnement de notre combat contre une société étriquée et a-culturelle ?
Nathalie : - Une bonne chute... quelque chose dont tout le monde se souviendra...
Nathalie sourit, elle gifle sa soeur.
Nathalie : - Un partout !
Rideau.
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